Dans son uniforme bien ajustée de commissaire adjoint, Kasoki Kawaida Guilaine incarne à la fois l’autorité et la compassion. Policière depuis 2010, elle s’est spécialisée dans la protection de l’enfant.
Derrière le regard ferme se cache une femme engagée, à la fois mère, épouse, juge-assesseure et défenseure des droits humains. « Je suis fière de ma carrière, fière d’être policière », confie-t-elle avec assurance.
Au micro de radiosalama.net elle rassure n’avoir jamais choisi cette voie par défaut. Pédagogue de formation et diplômée en communication, cette femme forte est aussi passée par l’École de la police, où elle a suivi des spécialisations en police judiciaire, criminalité, protection contre les violences basées sur le genre (VBG) et en santé mentale, un parcours impressionnant qui fait d’elle une voix respectée dans la ville de Butembo.
Face aux préjugés, elle est restée catégorique et n’a cessé de croire en elle. Elle reste convaincue que le rôle des parents reste capital dans l’encadrement de jeunes et encourager les jeunes filles à intégrer les forces de sécurité :
« Après mes études j’ai choisi de servir au sein de la police(…) La police est un organisme structuré. Il y a des lois qui régissent la profession, ainsi que les lois protègeant, contre le harcèlement ». a-t-elle fait savoir.
Elle cite fièrement l’article 174 du code pénal congolais, qui réprime le harcèlement sexuel. Pour elle, les femmes exerçant dans la police sont des femmes fortes, celles qu’elle appelle des vraies professionnelles.
Des recommandations pour plus d’impact, elle reste fidèle à sa vocation de formatrice et de protectrice, Guilaine insiste sur l’importance de l’éducation familiale :
« Si un policier ou une policière a grandi sans éducation de base, il ou elle ne pourra pas bien exercer ses fonctions. Les parents doivent transmettre des valeurs à leur progéniture ». recommande la commissaire adjointe Guillaine.
Dans son bureau, Guilaine reçoit chaque semaine des victimes de violences sexuelles, des jeunes filles traumatisées ou des enfants sans défense. Des vulnérabilités qui trouvent réconfort grâce à l’écoute de la femme au grand cœur.
« Une fois écoutée j’accompagne la victime à l’hôpital, là encore on l’auditionne, puis je transmet le dossier à la justice », explique-t-elle.
Elle connaît les rouages de la procédure par cœur, mais c’est dans l’écoute et l’humanité qu’elle excelle. Son vœu est de voir les autorités renforcer la formation, améliorer les conditions de travail, et surtout à valoriser les femmes dans les services sécuritaires.
Une femme, une force pour la famille. Mariée et mère de deux enfants, Guilaine d’une quarantaine concilie ; vie professionnelle et maternité grâce à un environnement familial calme et le code du travail, reconnaissant un congé bien organisé.
Malgré les contraintes, elle affirme vivre une stabilité familiale et professionnelle, même dans un métier réputé d’éxigeant.
« Trois mois avant l’accouchement, trois mois après. Grâce à mon travail, j’apporte un plus pour la bonne marche de la vie familiale, Ce n’est toujours pas facile, mais nous avons ce devoir de réussir ». dit-elle.
Un modèle pour les jeunes filles congolaise, Kasoki Kawaida Guilaine est bien plus qu’une policière. Elle est un repère, un modèle d’intégrité, de résilience et de leadership féminin, dans une société encore en construction. Sa voix, posée et ferme, trace la voie pour une police plus humaine, plus juste et véritablement au service du peuple.
Patrice KOKOTA.
