Butembo, Nord-Kivu, les acteurs des services étatiques et les organisations de la société civile se sont réunis ce vendredi à Butembo dans le cadre d’une réunion de concertation sur l’agenda Femme, Paix et Sécurité, une initiative portée par l’organisation GADHOP, en appui au Comité local de pilotage de la Résolution 1325 des Nations unies.
D’après Madame Yolande Kalungero, secrétaire permanente du Gadhop cette rencontre visait à instaurer un dialogue ouvert entre les différentes parties prenantes afin d’analyser les défis qui freinent l’implication active des femmes dans la recherche de la paix et de formuler des orientations concrètes pour y répondre.
Selon les participants, plusieurs facteurs continuent de limiter la participation des femmes de Butembo aux dynamiques de paix. Parmi les principaux défis évoqués figurent le recours à des instances non légales notamment « les wazalendu », pour résoudre des conflits, au lieu de saisir les cours et tribunaux compétents.
« Nous avons constaté que certaines femmes préfèrent s’adresser à des structures non reconnues légalement, ce qui entraîne parfois des abus, des tortures et de graves violations des droits humains », a souligné un acteur étatique présent à la réunion.
« Le fait de recourir à des instances non légales pour régler les différends constitue un recul. Nous voulons que les femmes avancent, qu’elles respectent les textes de loi et qu’elles s’impliquent pleinement dans la prévention des conflits et la recherche de la paix », a réagi Madame Yolande.
Une autre préoccupation majeure soulignée, ce sont les conditions socio-économiques, notamment les activités commerciales. Certaines femmes quittent tardivement les marchés, ce qui les expose à des risques sécuritaires et fragiliser leur autonomisation.
Au cours des échanges, les participants ont suggéré de combler ce déséquilibre en recommandant aux autorités étatiques et ses partenaires d’implanter l’éclairage public dans les axes routiers reliant le centre-ville et les quartiers périphériques, où l’engouement des femmes pour les activités économiques est très fort. « Cela permettra aux femmes d’assurer leur autonomisation… » a lancé Mbambu Luvuno Dévote, modératrice de la séance

Après environ cinq mois de mise en œuvre du projet, les organisateurs se disent encouragés par les progrès réalisés. Certains services étatiques ignoraient jusque-là leur appartenance au Comité local de pilotage de la Résolution 1325 et le rôle qu’ils peuvent jouer dans l’implication des femmes dans la consolidation de la paix.
« Aujourd’hui, nous avons eu autour de la table des services clés, y compris l’auditorat militaire. Les débats ont été très enrichissants et montrent que la participation des femmes à la paix est non seulement possible, mais nécessaire », a confié un participant.
Les échanges ont également insisté sur la nécessité pour les femmes de s’impliquer à tous les niveaux, y compris dans les forces de défense et de sécurité, comme les FARDC ou la police, afin de contribuer de manière coordonnée à la prévention des conflits et à la protection des communautés.
Malgré ces avancées, les participants reconnaissent que la sensibilisation reste un défi majeur et un chantier permanant pour l’effectivité de la résolution 1325. De nombreuses recommandations continuent de converger vers la nécessité d’informer davantage les femmes sur leurs droits, les textes de loi et les mécanismes légaux existants.

Au terme des discussions, les participants ont formulé plusieurs recommandations et pris des engagements concrets, notamment en matière de sensibilisation et de redevabilité. Un mécanisme de suivi a été envisagé et tous les trois mois, les acteurs se retrouveront pour évaluer la mise en œuvre des engagements pris.
Rédaction
