Les femmes de la Synergie des Organisations Féminines (SYOFEM) ont organisé, ce mardi 02 décembre 2025, une marche pacifique à Butembo pour dénoncer la situation sécuritaire alarmante dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Un cahier des charges a été remis aux autorités afin d’exiger des actions urgentes.
Vêtues en noir avec des foulards blancs, les femmes réunies au sein de la synergie des associations féminines ont marché pieds nus du rond-point SONAS, jusqu’à la mairie de Butembo, avant de conclure leur action à l’Auditorat militaire garnison de Butembo.

Tout au long de la marche, les manifestantes ont dénoncées les violences faites aux femmes ainsi que les massacres persistants des civils, notamment dans les territoires de Beni et Lubero.

À l’issue de cette action, elles ont déposé un cahier des charges à la mairie et une copie à l’Auditorat militaire de garnison, appelant les autorités à des réponses concrètes et rapides.
Exiger le respect des droits fondamentaux
Munies de messages écrits sur des pancartes, elles ont plaidé pour le rétablissement des droits fondamentaux de la population, particulièrement ceux des femmes et jeunes filles dont la dignité est continuellement bafouée.

Elles ont également insisté sur l’application effective de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU, garantissant la participation des femmes aux processus de paix.
Des constats alarmants relevés dans le cahier des charges
Lors de la lecture publique du document, Mme Marie-Madeleine Bamuni Mugheni a précisé que ce cahier des charges adressé aux autorités, vise à analyser les impacts spécifiques de la crise sécuritaire sur les femmes et y formuler des recommandations urgentes. Elle a souligné plusieurs faits préoccupants dont :
1. Insécurité croissante : multiplication des massacres et attaques armées plongeant les populations dans une peur constante.
2. Violences extrêmes contre les femmes : à Biambwe et Toyo, des femmes ayant accouché ont subi des traitements inhumains, dont des brûlures graves.
3. Destruction des structures de santé : des centres de santé (Malunguma, Masingui, Biambwe) incendiés ou vandalisés, compromettant l’accès aux soins.
4. Présence accrue d’hommes armés : forte militarisation non contrôlée aggravant l’insécurité généralisée.
5. Multiplication des violences sexuelles et basées sur le genre : augmentation inquiétante des cas de VBG.
6. Prolifération des barrières illégales : entrave à la libre circulation et augmentation des risques de violences.
7. Impunité persistante : absence de poursuites judiciaires renforçant la méfiance envers les institutions.

Des recommandations fortes adressées aux autorités
Face au taux élevé des violences faites aux femmes et jeunes filles, la SYOFEM recommande aux autorités notamment le renforcement de la présence policière et militaire dans les zones à risque en vue d’une traque systématique des groupes armés, dont les ADF, le contrôle strict des mouvements d’hommes en armes, ainsi que le démantèlement des camps des groupes armés tels que les « Wazalendo ».

« Le Renforcement de la sécurité : patrouilles régulières, traque des ADF, mais aussi l’application de la résolution 1325 de l’ONU, d’où l’inclusion des femmes dans les processus décisionnels liés à la paix et à la sécurité. Création d’unités spécialisées, sensibilisation communautaire, et tolérance zéro face à l’impunité. » recommande-t-elle, dans leur cahier des charges qui a été reçu par un représentant du maire de la ville, rassurant les manifestantes que leurs doléances seraient transmises à qui de droit.
Une détermination sans faille pour la défense des droits humains.
La Synergie des Organisations Féminines réitère son engagement à dénoncer les atrocités subies par les femmes et à contribuer aux efforts de paix et de protection des droits humains.
