Le dimanche 17 août 2025 à Butembo, La Dynamique des Femmes pour la Bonne Gouvernance (DYFEGOU) a exprimé sa compassion envers les victimes des violences à l’Est du pays et appelé à faire de la protection des civils une priorité absolue de l’État. Devant la presse locale, Gentille Mugeni, membre de DYFEGOU, a lu la déclaration au nom de l’organisation. Celle-ci a salué la présence de 17 femmes (environ 32 %) au sein du gouvernement Suminwa II, tout en regrettant que les provinces en conflit n’y comptent aucune représentante.
Dans sa déclaration, DYFEGOU salue également la portée historique de la nomination de Judith Suminwa Tuluka, première femme Première ministre de la RDC. Mais une question fondamentale demeure, a martelé Gentille Mugeni, chargée des Programme de cette structure : « D’où viennent ces femmes et quelles provinces représentent-elles ? ». Selon son analyse, seules quatre ministres femmes ont une origine provinciale clairement identifiée : Kongo Central (Judith Suminwa Tuluka), Haut-Lomami (Gracia Yamba Kazadi), Tshopo (Ève Bazaïba Masudi) et Haut-Katanga (Nathalie-Aziza Munana). DYFEGOU relève qu’aucune femme issue du Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri, Maniema ou Tanganyika n’a été nommée.
L’organisation dénonce une continuité d’exclusion, déjà observée dans l’équipe sortante, qui prive le pays de l’expérience et de la résilience des femmes des zones meurtries par la guerre. « Alors que des villes et cités sont sous la coupe d’agresseurs, le gouvernement issu du dernier remaniement aurait dû être un gouvernement de combattants.», a déclaré Gentille Mugeni, estimant que l’expérience de guerre des femmes de ces provinces constitue une compétence écartée à tort.
Si la DYFEGOU félicite les filles de ces provinces engagées dans l’armée, la police, le P-DDRCS/RAD et d’autres corps de sécurité, l’organisation appelle à élargir leur présence à des services stratégiques comme la DGM et l’ANR, où leur regard et leur vécu apporteraient une valeur inestimable.
S’appuyant sur les articles 16, 58 et 63 de la Constitution, respect de la vie humaine, défense du pays et intégrité du territoire, Gentille Mugeni a insisté qu’ « On ne doit pas banaliser la vie humaine. Toute nomination et toute stratégie sécuritaire doivent être évaluées à l’aune d’un impératif celui de mettre fin à la guerre et protéger les civils. » martèle-t-elle.
Dans cette perspective, DYFEGOU invite le gouvernement à appliquer strictement la représentativité provinciale dans la nomination des femmes, afin de garantir que toutes les provinces, y compris celles en guerre, soient effectivement présentes au sein de l’exécutif. « Nous demandons également pour une intégration réelle des femmes de ces régions dans les instances décisionnelles et les services de souveraineté, estimant que leur expérience et leur résilience constituent des atouts majeurs pour la sécurité du pays. La Dyfegou rappelle par ailleurs la nécessité de mettre en œuvre la Résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui exige une participation pleine et effective des femmes aux processus de paix et de sécurité.»
Enfin, DYFEGOU appelle à une mobilisation nationale et internationale urgente pour mettre fin à la guerre et protéger les civils, conformément aux principes de la Constitution et pour une gouvernance équitable et inclusive où les femmes des provinces en conflit ne seraient plus spectatrices mais actrices des décisions qui engagent la sécurité et l’avenir du pays.
La Rédaction
