La localité de Musimba a accueilli un débat communautaire de deux jours réunissant autorités administratives, chefs coutumiers et femmes leaders autour de la participation effective des femmes aux initiatives locales de paix et de gouvernance. Organisée dans le cadre du projet Femme, Paix et Sécurité, l’activité visait à renforcer le rôle des femmes dans les processus décisionnels locaux, à vulgariser les instruments juridiques en faveur de la paix et à promouvoir des mécanismes communautaires d’alerte précoce à Butembo et ses environs.
Pendant deux jours, les échanges ont permis de créer un cadre de dialogue franc et inclusif entre les différentes composantes de la communauté. Les participantes ont échangés sur les défis et leurs attentes face aux processus décisionnels locaux, souvent marqués par une faible représentation féminine.
Selon Madame Matumaini Musikiti, Coordonnatrice du Syndicat des femmes travailleuses SYFET, l’une des organisations membres du Réseau Gadhop ayant facilité la tenue de l’activité, les échanges ont permis de mettre en lumière une réalité préoccupante.
« Les débats ont permis la localité de Musimba fait face à une insécurité persistante et qu’on ne compte qu’une seule femme dans toute l’administration locale. Même dans les associations très peu des femmes seulement occupent des postes de dirigeants », a-t-elle déclaré.

Pour elle, cette faible représentation féminine constitue un frein majeur à la prise en compte des préoccupations spécifiques des femmes et à l’efficacité des initiatives locales de paix.
Les autorités administratives et coutumières présentes dans l’activité ont reconnu l’importance du leadership féminin dans la prévention des conflits, la cohésion sociale et la gouvernance de proximité, soulignant que l’implication des femmes renforce la légitimité et l’efficacité des initiatives communautaires de paix.
Alors que Plusieurs participants ont insisté sur la nécessité de lever les obstacles socioculturels à l’implication des femmes dans les dynamiques de paix, certaines autorités coutumières présentes ont nuancé cette lecture. Elles ont reconnu l’importance du leadership féminin dans la prévention des conflits, la cohésion sociale et la gouvernance de proximité, tout en estimant que la coutume n’est pas, en soi, un frein à la participation des femmes.

Pour Kambale Kahesi Dieudonné, l’un des chefs coutumiers ayant pris part à la rencontre, la responsabilité de cette implication incombe aussi aux femmes elles-mêmes. « On dit souvent que la coutume ne favorise pas l’engagement des femmes, mais ce n’est pas vrai. Dans notre coutumes, les femmes ont toujours eu un rôle à jouer, y compris lors des rites traditionnels », a-t-il souligné au micro de notre reporter, appelant à une valorisation des savoirs faire des femmes qui se démarquent.
Ce débat communautaire marque ainsi un tournant important dans la reconnaissance du rôle central des femmes comme actrices de paix, de prévention des conflits et de gouvernance locale à Musimba.
Le délégué du chef de la localité a assuré avoir pris bonne note des recommandations formulées lors de la rencontre et s’est engagé à mettre en œuvre, à leur niveau, les actions susceptibles d’être appliquées pour renforcer la participation des femmes et la cohésion communautaire

Pour le GADHOP, cette initiative constitue une étape clé vers une gouvernance locale plus inclusive et une paix durable à Musimba et dans ses environs. Les participantes ont salué l’approche participative du projet et exprimé leur engagement à traduire les recommandations en actions concrètes au sein de leurs communautés.
La rédaction
