La communauté des défenseurs des droits humains et les membres de la Dynamique des Femmes pour la Bonne Gouvernance (DYFEGOU) se sont réunis à la cathédrale Mater Ecclesiae pour honorer la mémoire de Florence Nyango Kodjo. Cadre fervente de cette structure féminine ayant tiré sa révérence en donnant la vie.

Au cours de la messe matinale de ce mardi 2 juin 2026, dans une atmosphère empreinte de recueillement et d’émotion que les chrétiens, activistes et sympathisants ont accompagné par la prière le repos de l’âme de celle que ses pairs qualifient de « femme pas comme les autres ».
Florence Nyango Kodjo n’était pas seulement une militante ; elle incarne, pour toute une génération à l’est de la République Démocratique du Congo, le courage face à l’adversité.
Une militante infatigable au front de l’altruisme
Interrogée à la sortie de la célébration eucharistique matinale de ce mardi, Madame Rose Tuombeyane, coordinatrice de la DYFEGOU, a partagé un témoignage poignant sur le parcours de l’illustre disparue. Pour elle, Florence Nyango Kodjo s’est distinguée par une constance remarquable, refusant de reculer devant les obstacles :
« Malade, indisponible, elle était toujours là lorsqu’il faut agir pour la paix, lorsqu’il faut être là aux côtés des victimes des massacres, lorsqu’il faut être là pour soulager ceux qui souffrent de cette guerre nous imposée depuis plus de 30 ans. »
Ce dévouement absolu, teinté d’un altruisme rare, a fait d’elle un pilier de la lutte pour la dignité humaine dans un contexte régional marqué par plus d’une décennie de massacres récurrents.

Perdre la vie en donnant la vie : Le double fardeau des femmes activistes
Au-delà de son combat pour la paix et la justice, le décès de Florence Kodjo met en lumière une réalité tragique et spécifiquement féminine. Alors que de nombreux activistes de la région ont payé de leur vie leur engagement, tombant sous les balles à bout portant lors de manifestations publiques, le destin de Florence a pris une autre trajectoire douloureuse : elle a perdu la vie en donnant la vie.
Ce drame a poussé l’organisation à élargir son hommage à toutes les mères du monde qui luttent au quotidien pour mettre de nouvelles vies au monde, tout en rappelant la triste réalité de celles qui, par manque d’accès à des soins appropriés ou à cause de la précarité ambiante, ne s’en sortent pas.
Un appel pressant à l’action gouvernementale
Cet hommage communautaire s’est également transformé en une tribune d’interpellation aux gouvernement, Face à la persistance de l’insécurité qui plonge la population dans un sentiment de détresse absolue, la DYFEGOU a fermement exhorté les autorités congolaises à assumer leurs responsabilités :

– Prise en charge de la crise :Un appel direct a été lancé au gouvernement pour qu’il prenne à bras-le-corps la situation sécuritaire et humanitaire de la région.
– Recherche de solutions durables : Les membres de l’organisation exigent des réponses concrètes et définitives face aux conflits armés et aux massacres qui endeuillent les familles depuis des décennies.
Bien que la communauté se sente aujourd’hui « presque perdue » face à la répétition des cycles de violence, le message de clôture est resté résolument tourné vers la résilience.
Les valeurs de souplesse, de disponibilité et de patriotisme léguées par Florence Nyango Kodjo continueront de guider les pas des défenseurs des droits humains à Butembo et partout en RDC. La lutte continue, a chuté la coordinatrice de la DYFEGOU.
Patrice KOKOTA
