Dans l’effervescence de l’ Atelier de Monsieur Achille sis à CUGEKI, en ville de Butembo, une silhouette se distingue parmi les étincelles et le bruit des machines et les éclats des fers brûlant. C’est celle d’Esther Kaniki, 23 ans révolus dont le sourire radieux contraste avec la rigueur de son métier : la soudure et l’ajustage. Loin des clichés, Esther s’est imposée par son courage, sa passion et son talent technique, devenant une source d’inspiration pour toute sa génération.
Le Courage de Briser les Codes
Esther n’a pas toujours imaginé sa vie entourée de métal rougeoyant et de machines-outils. Issue d’une famille modeste, elle a suivi un parcours courageux pour intégrer ce milieu traditionnellement masculin.
Après un cycle dans la section nutritionnelle au secondaire, elle se retrouve dans un atelier ou la joie et l’amour du travail, ne sont que des fleurs qui l’entoure, estime-t-elle un micro de la radiosalama.net.
« Au début, beaucoup essayaient de me décourager. On me disait que ce n’était pas un métier de femme. Mais je savais ce que je voulais, après avoir constaté ce que les autres gagnaient par ici. Je me suis decidé de ne plus rester une simple secrétaire.», confie-t-elle, son masque de soudure relevé sur son front.

Après plusieurs mois, en tant que vendeuse au centre ville, celle-ci s’est démotivé un moment suite au faible revenu «15 $ par mois » qui selon elle, n’était pas proportionnelles à ses besoins fondamentales.
A elle de souligner qu’à l’issue de ce parcours, elle a été exposé à beaucoup tentative d’abus de la part des ses anciens employeurs. Une expérience plutôt décevante de sa part, et qui n’a juré par le changement d’activité.
Ce courage de s’engager dans une voie peu commune est le fondement de sa réussite. Aujourd’hui, elle manipule la torche de soudage avec une aisance déconcertante, prouvant que la compétence n’a pas de genre.
«(…)J’étais engagée dans cette atelier comme secrétaire. Mais après je me suis rendu compte qu’au delà de tenir les documents chaque jour pour y enregistrer les entrées et les sorties, voir même les commandes des uns et des autres, j’ai un jour essayer et je me suis rendu compte que c’était même facile.(…)» explique-t-elle.

Passion et Savoir-Faire : Une Maîtrise Impressionnante
C’est par passion qu’Aline s’active au quotidien et chaque mouvement en fait preuve. Toujours actives aux côtés des masculins, elle reste concentrée sur une structure métallique complexe, les étincelles jaillissant autour d’elle.
Son équipement de protection, de la salopette au masque, témoigne du sérieux de son engagement. Son savoir-faire est évident : ses soudures sont propres, précises et solides. Elle excelle également dans l’ajustage, notamment dans la fabrication de certaines machines. Transformant des pièces brutes en composants parfaitement calibrés.
« Chaque projet est un défi. J’aime voir la matière se transformer sous mes mains. C’est une fierté de créer quelque chose de durable, actuellement je suis capable de fabriquer les machines à savoir : un moulin de la farine, mais aussi pour le sombé.(…)», explique-t-elle avec enthousiasme.

Sa maîtrise technique n’est pas passée inaperçue ; elle est déjà une référente pour ses collègues et la direction de son atelier. Au delà des moulins pour la farine et sombés et les machines simple et soudures complexes, elle envisage se perfectionner au quotidien et faire mieux et d’avantage pour acquérir des nouvelles connaissance auprès de ses formateurs.

Malgré son talent en plein développement, Aline reste humble et animée par un désir d’apprendre constant. Elle ne se contente pas de ses acquis.
« J’aimerais me spécialiser dans des techniques de soudage plus complexes, avec le temps je sais que je vais fabriquer les différentes machines de tout genre », projette-t-elle.

Ses perspectives d’avenir sont riches : elle rêve un jour ouvrir une quincaillerie des outils utilisé dans les ateliers de soudure et ajustage, projetant dans les prochains jours les défis de maternité. Pour elle la jeune est une opportunité d’investissement et rester une femme stable dès qu’on est au foyer.
Face à un revenu stable, elle reste confiante que son rêve aboutiraLes difficultés rencontrées au cours de son ancien emplois, en tant travailleuse dans une boutique au centre ville de Butembo, Pour elle quinze dollars reçu le mois n’était pas du tout suffisant pour elle. Il arrivait parfois qu’elle n’arrivait pas à épargner, ou répondre à ses besoins essentielles.
Face à ces défis, elle essaie de faire une comparaison. Actuellement si elle travaille bien elle peut réunir facilement plus de 30$ en une semaine au minimum.Son Message Inspirant aux Jeunes Femmes de sa Génération.

Loin de ses ambitions reelles, elle reste prêter d’encadrer d’autres femmes qui aimeraient aussi apprendre. Pour Esther, diriger son propre atelier de fabrication mécanique, sera encore une pleine réalisation selon elle.
Sa détermination et sa vision claire font d’elle une leader naturelle.Esther Kaniki ne se contente pas de tracer sa propre voie. Elle souhaite activement encourager les autres jeunes femmes à se lancer dans les métiers techniques et artisanaux.
« Mon message pour vous, mes sœurs, est simple : osez ! Ne laissez personne vous dicter ce que vous pouvez ou ne pouvez pas faire. Le monde évolue, et les métiers techniques ont besoin de notre vision, de notre précision et de notre résilience. N’ayez pas peur de vous salir les mains si cela vous permet de construire votre avenir. Cultivez votre passion, apprenez sans relâche et soyez fières de vos compétences. Vous êtes capables de bien plus que vous ne le pensez », déclare-t-elle avec conviction.

Pour sa part, aucune difficulté n’a été enregistré en présent à part soulever des poids lourd en certains cas. Une occasion pour elle d’encourager ses paires à ne servir aussi d’exemple tout en quittant les différentes dépravation vers des activités qui accorde la valeur et dignité à la femme.
Pour elle, ouvrir une quinquallerie pourra la permettre de rester autonome pour l’avenir car le besoin dans les ateliers de soudure et ajustage. Esther Kaniki est l’exemple vivant qu’avec de la passion, du courage et une détermination inébranlable, il est possible de forger une carrière brillante et porteuse de sens, quel que soit son genre ou son origine.
Dans l’atelier de Butembo, elle ne fait pas seulement de la soudure : elle construit son avenir, et celui de toute une génération de femmes, en travers son expertise.
Patrice KOKOTA
